Cercle Guimard

Mobilier de la Mairie du Village Français de 1925

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Les deux chaises

Fort heureusement, les recherches sur Hector Guimard réservent encore des surprises. Il est un domaine essentiel dans l’œuvre de l’architecte où beaucoup reste à dire et autant à découvrir : les meubles et la décoration intérieure.

Ainsi des travaux récents et approfondis sur la Mairie du Village Français, œuvre principale de Guimard pour l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs en 1925, ont permis de faire une découverte très intéressante : deux chaises en chêne du bureau du maire viennent d’être identifiées.

Acquis il y a quelques années auprès d’un antiquaire par un passionné d’Art nouveau intrigué par leur silhouette, ces meubles n’avaient pas livré leur origine.

Il y a quelques mois les deux chaises ont changé de propriétaire et une photo est venue apporter la preuve qu’elles provenaient bien de l’édifice imaginé par Guimard.

Cette découverte est importante à plus d’un titre : tout d’abord, cela améliore notre connaissance de cet édifice assez singulier et relativement négligé par les amateurs de notre architecte-décorateur préféré car jugé moins intéressant que ses créations d’avant-guerre.

Détail d'un dossier

Détail d'un dossier

À ce jour, seules deux photos quasi identiques de l’intérieur sont répertoriées (voir une photographie répertoriée par la réunion des musées nationaux). Elles diffèrent cependant sur un point essentiel : seule une des vues montre trois (!) dossiers encadrant le bureau du maire.
Ainsi donc, la paire de chaises destinées aux collaborateurs du Maire était accompagnée d’une troisième ou plus probablement d’un troisième siège car l’on peut imaginer aisément que le maire siégeait plutôt sur un fauteuil. La photo en question nous montre bien que ce dernier se différenciait de nos deux chaises par un écusson décoré, signe évident de son rang.

Qu’est-il advenu du fauteuil ? A ce jour, nos recherches n’ont pas permis de le retrouver.

Mais par dessus tout, nous pensons que l’intérêt de ces meubles réside dans le fait qu’ils sont un exemple unique de mobilier tardif dessiné par Hector Guimard. N’avait-on pas coutume de dire, faute d’exemples, que la Première Guerre mondiale marquait la fin de la création mobilière chez Guimard ?

Il est évident que la date et leur fonction spécifique (meubler une mairie « fictive ») expliquent un dessin moins séduisant que nombre de ses créations d’avant-guerre. Certes les courbes et nervures sont simplifiées, les détails moins travaillés… mais après tout n’avons-nous pas changé d’époque ?

Ces chaises, même si elles restent probablement une exception, démontrent que Guimard, au milieu des années 1920, n’avait pas abandonné ce principe si cher à ses yeux : la décoration intérieure et la création mobilière étaient bien les prolongements naturels et évidents de son œuvre architecturale.

Rappelons qu’en 1925 nous sommes au cœur de la période Art Déco… Guimard, à travers ces meubles, réussit encore à faire du Style Guimard.

Nous profitons de l’occasion pour annoncer que la participation de Guimard à l’Exposition de 1925 fera très prochainement l’objet d’une publication détaillée sur le site de l’association.

Paul Horn, un élève de Guimard actif à Strasbourg

Les études concernant Guimard (1) font en général l’impasse sur ceux qui furent ses élèves.

stockfeld001-minC’est à l’occasion d’une exposition consacrée à la Grande Percée de Strasbourg (2) que l’on peut découvrir qu’un des architectes de ce projet fut un collaborateur de Guimard.

Afin d’appréhender le contexte, un rappel historique s’impose.

A la suite de la guerre de 1870, l’Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées par l’empire allemand. Strasbourg, qui doit devenir une vitrine du Reich (3), voit sa population doubler sous l’afflux de soldats, mais aussi de fonctionnaires, d’artisans, etc.

Otto Back (4) est nommé à la tête de l’administration municipale et décide de lancer un concours pour l’extension de la ville. A l’issue de celui-ci, la surface de Strasbourg va tripler, articulant avec bonheur la Neustadt (5) à la vieille ville. On comptera jusqu’à 2000 chantiers de construction par an !

Back meurt en 1906, laissant la place à Rudolph Schwander, maire élu, de tendance libérale sociale (6). Soucieux du développement économique de la ville, il décide de relier par le tramway la gare (7), la place Kléber (8) et le nouveau quartier de la Bourse, lui-même relié au port. Or, la vieille ville est un lacis de ruelles plus ou moins étroites, voire tortueuses et bordées d’immeubles vétustes, voire insalubres. Les logements des habitants les plus modestes comportent quelquefois des pièces sans lumière ni aération directes. Le manque d’hygiène fait le lit de la tuberculose, de la diphtérie, du typhus, etc.

Afin d’éviter toute spéculation, Schwander fait acheter en secret des centaines d’immeubles afin de permettre la création d’un boulevard de circulation de 18 mètres  de large dans le cœur historique. Mais avant de commettre l’irréparable, il fait inventorier et photographier les bâtiments remarquables devant céder la place. En vue de reloger les locataires chassés par les démolisseurs (9), le maire charge en 1910 Edouard Schimpf (10) de construire une cité-jardin au Stockfeld, à 6 kilomètres au sud du centre historique (11).

Une fois les démolisseurs passés, les architectes, par le biais de concours organisés par la ville, vont pouvoir prendre la relève.


Parmi ces derniers figure un certain Paul Horn (1879-1959).

Après une première formation à Mulhouse, Horn poursuit ses études à Strasbourg, puis à Karlsruhe. Il retourne à Mulhouse pour travailler au service d’architecture de cette ville en 1906 avant de poursuivre son cursus à Munich.

Fin 1907, il se rend à Paris chez Hector Guimard pour y travailler comme en témoigne une lettre de recommandation à entête « Hector Guimard, Architecte d’Art, Castel Béranger 16 rue Lafontaine » datée du 10 mars 1908 et rédigée de la main du maître.

Cette lettre (coll. part.) est ainsi rédigée : « Je soussigné certifie que Monsieur Paul Horn a été employé depuis le 1er décembre 1907 jusqu’à ce jour comme dessinateur Architecte et que pendant son séjour à mon bureau il s’est toujours montré sérieux et assidu. »

Horn poursuit ses études à Stuttgart avant de revenir à Mulhouse, où il ouvre un bureau en association avec Schimpf. Ce dernier est aussi un collaborateur de Fritz Beblo, architecte en chef des services de la ville de Strasbourg.

Horn, informé de l’opportunité exceptionnelle qu’offre la Grande Percée, va s’intéresser au tronçon qui s’étend entre la place Saint-Pierre-le-Vieux et la place Kléber, à savoir l’actuelle rue du 22 Novembre (12). Les parcelles sont proposées selon le principe de l’Erbaurecht (un bail proche de l’emphytéose). Dans ce régime, le candidat se voit mettre à disposition un terrain pour une durée de 65 ans, terme au bout duquel ledit terrain redevient propriété de la ville ainsi que la construction qui l’occupe. En outre, le preneur doit verser une rente annuelle de 4,3 % de la valeur du terrain. Enfin, les acquéreurs doivent posséder au moins 25 % de la somme nécessaire à la construction. En effet, soucieuse d’éviter les « dents creuses » dans la rue, la ville va proposer, via la SDG (13), un prêt pouvant atteindre 75 % du montant des travaux.

C’est ainsi que Paul Horn se portera acquéreur en 1913 des parcelles sises aux 13, 15, 21 & 24 de la rue du 22 Novembre, ainsi que le 9, place kléber. Pour se financer, il fait appel à sa famille (14), et contracte auprès de la SDG un prêt pour une durée de 50 ans à un taux de l’ordre de 5 %. L’importance de l’engagement financier implique que les immeubles soient rapidement rentables. C’est ainsi que le rez-de-chaussée de ceux-ci seront dévolus au commerce. Toujours dans un souci de rentabilité, il choisit des parcelles situées à un carrefour, et opte pour le béton armé (15), tant pour les fondations que pour la structure.

Les façades expriment un langage architectural emprunt d’historicisme. Ainsi les travées sont séparées par des pilastres d’ordre colossal, cependant que les éléments sont disposés symétriquement, conformément à une architecture classique. Les travées se décomposent en trois parties : un rez-de-chaussée surmonté d’un entresol qui se détache de la partie supérieure par une architrave et une corniche. Suivent trois étages carrés dont la verticalité est soulignée par des pilastres demi-engagés. Puis succèdent une nouvelle architrave et une corniche, éventuellement accompagnées d’un balcon pour distinguer l’étage attique, cassant ainsi l’impression de verticalité. La commission des façades encadre l’aspect de celles-ci et impose le choix du grès rose (16) comme revêtement. Horn réussira à négocier pour certains immeubles l’emploi de béton à base de calcaire coquillier.

stockfeld002-minLe 9, place Kléber mérite quelque attention : il est situé au bout de la rue du 22 Novembre (et porte aussi le n°1 de la rue des Francs-Bourgeois). Son emplacement est tout particulièrement privilégié puisque tous les passagers du tram descendant place Kléber passent devant cet immeuble. Horn va donc y aménager un restaurant, un salon de thé, des salles de jeux, et aux étages supérieurs des bureaux et des appartements.

La parcelle voisine, sise au 3, rue des Francs-Bourgeois (17) est acquise par la SDG en vue d’y construire un cinéma : l’Union Theater (18). Horn est chargé de la construction et de son aménagement. Son projet initial prévoit de marquer l’entrée du cinéma par une monumentale marquise d’influence guimardienne (19). Hélas, la commission des façades va recadrer l’enthousiasme de notre architecte qui devra revenir à une façade plus classique. La salle de projection, de style Napoléon III, est classée et restaurée.

Au 15, rue du 22 Novembre, Horn fait édifier un hôtel (20) dont il fera redécorer un salon entre 1926 et 1927 par Sophie Taeuber-Arp dans l’esprit du mouvement néerlandais De Stijl (21).

En 1922, André et Paul Horn obtiennent pour une durée de 90 ans la concession de l’aile droite de l’Aubette (place Kléber). Ils confient à Theo van Doesburg, Hans Arp et son épouse Sophie Taeuber-Arp la conception d’un ambitieux complexe de restauration et de loisirs, à savoir :

-  au rez-de-chaussée : un café-brasserie, un restaurant, un salon de thé, un bar, un bar américain, un caveau-dancing ;

-  à l’entresol : une salle de billard ;

-  au 1er étage : une grande salle de dancing-cabaret, une grande salle de fêtes pouvant servir de cinéma ou de danse.

Cet ensemble, conçu selon les principes du mouvement moderne De Stijl, sera considéré par certains spécialistes comme la « Chapelle Sixtine de l’art moderne ». En 1938, les frères Horn en cèdent la concession. Passée de mode, la décoration est masquée par son successeur, pour être redécouverte dans les années 1970. Cet ensemble sera classé quelques années plus tard, puis restauré entre 1975 et 2006.

stockfeld003-minNotes

(1) Cette remarque reste en général valable pour d’autres architectes de l’Art nouveau, comme Horta, van de Velde, ou Mackintosh, mais moins cependant pour Hoffmann, Wagner, ou Gaudí.

(2) http://archives.strasbourg.fr

(3) Mais aussi une ville de garnison, en raison de son emplacement stratégique.

(4) A lui seul, il cumulera les fonctions de maire et de conseil municipal.

(5) « Ville nouvelle » en allemand, que  l’on nomme aujourd’hui quartier allemand.

(6) C’est dans les quartiers les plus populaires qu’il obtiendra le plus de voix. La Neustadt, occupée par la bourgeoisie allemande, est, de fait, boudée par les Alsaciens de souche.

(7) Il s’agit d’une grande gare, nouvellement construite par les Allemands. La précédente, en cul-de-sac, datait de Napoléon III.

(8) La place la plus centrale de Strasbourg.

(9) Rien que le secteur compris entre la rue du Vieux-Marché-aux-Vins et la Grand’Rue verra la démolition de 126 maisons abritant 3460 habitants.

(10) Une exposition lui est consacrée au CAUE jusqu’au 15 avril 2010 (www.caue67.com).

(11) Cette cité-jardin, aujourd’hui classée mais ignorée des guides touristiques, fête ses 100 ans et fait l’objet d’une exposition commune avec celle de la Grande Percée.

(12) Cette voie, première partie du tracé de la Grande Percée, portait initialement le nom de Neue Straße (rue Neuve) avant d’être rebaptisée de la date de la libération de Strasbourg à l’issue de la 1ère guerre.

(13) La Süddeutsche Diskonto Gesellschaft, une banque de Mannheim, les banques alsaciennes étant trop frileuses pour s’engager dans ce projet.

(14) Entre autres ses frères André, pharmacien, et Camille, commerçant et sa mère.

(15) Ce matériau offre un coût plus avantageux que les techniques traditionnelles et sa mise en œuvre est beaucoup plus rapide.

(16) Matériau de prédilection des monuments strasbourgeois dont le premier exemple est la cathédrale.

(17) Hochstrasse à l’origine.

(18) Devenu cinéma U.T., puis ABC avant de s’appeler à l’heure actuelle cinéma Odyssée.

(19) Selon les termes de Florence Pétry (cf. bibliographie)

(20) Dénommé Excelsior à l’origine, il porte le nom d’hôtel Hannong à l’heure actuelle.

(21) Titre d’une revue et d’un mouvement artistique fondés en 1917 sous l’impulsion de van Doesburg, Piet Mondriaan, Gerrit Rietveld entre autres. Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/De_Stijl ou http://en.wikipedia.org/wiki/De_stijl ou http://nl.wikipedia.org/wiki/De_Stijl

Bibliographie

F. Pétry, La « Grande Percée » des rues à Strasbourg : la construction des frères Horn. Mémoire de maîtrise, Strasbourg, 2000.

F. Pétry, Paul Horn (1879-1959), Chantiers historiques d’Alsace, 2001, n°4, pp. 245-264.

http://nl.wikipedia.org/wiki/Paul_Horn_(architect)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Aubette_(Strasbourg)

http://fr.wikisource.org/wiki/Notices_sur_l’Aubette_à_Strasbourg (article de van Doesburg)

http://www.musees-strasbourg.org/index.php?page=histoire-aubette

Art nouveau Revival au musée d’Orsay

anr069L’exposition que le Musée d’Orsay présente jusqu’au 4 février 2010 nous montre les diverses influences de l’Art nouveau dans plusieurs domaines artistiques la décoration, le mobilier, le design, etc. depuis 1933 avec l’article de Salvador Dali dans la revue Minotaure jusqu’à la fin des années 1960 avec les graphismes psychédéliques des pochettes de disques.

La confrontation de pièces Art nouveau avec leurs avatars nous permet ainsi de redécouvrir quelques pièces de Guimard telles que des éléments du métro, le projet de couverture pour la Revue d’art ou une superbe étude pour un panneau de lave émaillée.

Le métro parisien timbré

Parmi les nouveaux produits issus de l’imagination de nos postiers, dans la série « Collector Timbré » est sorti ce 27 avril 2009 un bloc « Paris 2009 » de 10 timbres autocollants illustrés d’autant de clichés symbolisant Paris. Parmi ces symboles, nous retrouvons bien entendu le métropolitain, et plus précisément le détail d’une entrée de métro d’Hector Guimard.

timbre2009Le cadrage serré du timbre présente un candélabre avec son globe rouge et l’enseigne en lave émaillée avec l’inscription « Métropolitain ». La tonalité jaune fortement marquée de l’image a peu à voir avec les couleurs du timbre émis en 1994 représentant l’écusson en fonte qui compose le garde-corps des stations. Mais quinze ans séparent ses deux timbres ; à quand la prochaine pièce du puzzle ?

Ce bloc « Paris 2009 » est disponible dans les bureaux de poste ou sur le site Internet de La Poste, et ces timbres à validité permanente vous permettront d’affranchir élégamment vos courriers.

L’hôtel Mezzara au cinéma

Le tournage du film au printemps 2008

Le tournage du film au printemps 2008

Le film Chéri de Stephen Frears est sorti ce mercredi 8 avril au cinéma.

Lors du tournage, c’est l’hôtel Mezzara qui a prêté ses intérieurs au domicile luxueux de l’héroïne dans le film, interprétée par Michelle Pfeiffer.

Les murs ont été tapissés pour l’occasion de papiers peints d’esprit Art nouveau. Comme souvent au cinéma, quand un réalisateur souhaite créer une ambiance 1900, il associe à des éléments authentiques décor, mobiliers, etc. une surenchère de détails et d’accessoires plus ou moins « nouilles » qui font sombrer l’ensemble dans le kitsch. Le lit doré notamment, dont le dessin est directement inspiré du graphisme d’un appui de balcon issu des fontes artistiques de Guimard, apparaît comme un ovni dans l’univers de l’hôtel.

Détail amusant, les trucages et le montage du film nous laissent croire que l’hôtel Mezzara se situe face au débouché d’une rue dont on peut admirer la perspective en enfilade depuis le balcon central de la façade. Les connaisseurs apprécieront…

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Le tournage du film au printemps 2008

Nouvelles acquisitions au Musée d’Orsay

Le numéro 26 de 48/14, la revue du Musée d’Orsay, nous offre deux actualités très intéressantes, sous la plume de monsieur Philippe Thiébaut, conservateur en chef.

Tout d’abord un article intitulé « Art nouveau et Revival : le décor de film dans les années 1960 en France » traitant des films qui ont utilisé ou créé des décors Art nouveau, que ce soit pour rendre l’atmosphère 1900 d’un film historique ou simplement en retirer une ambiance étrange et décalée. Bien entendu le Castel Henriette et son univers très particulier y figurent en bonne place.

Ailleurs il est question de l’entrée dans les collections du musée, par achat en 2007, de sept modèles et projets de luminaires électriques de Guimard. Il s’agit de dessins à la mine de plomb et gouache aquarellée (format approximatif : H. 30 ; L. 20 cm) présentant trois modèles de plafonniers et un modèle de lustre, ainsi que trois projets : un lustre, un plafonnier et une rampe lumineuse.

Une autre information a retenu notre attention. Il s’agit d’un support de calendrier éphéméride, en grés émaillé de la Maison Émile Muller et Cie qui a rejoint les collections du Musée d’Orsay par donation en 2007. De dimensions modestes (H. 29,5 ; L. 23,3 ; Ép. 1,7 cm), cette pièce étonnante peut être rapprochée de l’œuvre de Guimard puisque parmi les éléments décoratifs figure l’emploi du motif de chardon stylisé, créé par l’architecte pour la Grande Tuilerie d’Ivry et qu’il a utilisé sur les panneaux de céramique ornant l’hôtel Jassedé au 41 rue Chardon-Lagache en 1893.

Tournage à l’hôtel Mezzara

mezzara-tournage02Certes le bruit courait. Mais la surprise fut grande pour deux membres de l’association lorsqu’ils découvrirent qu’un tournage avait lieu à l’hôtel Mezzara.

En effet, Stephen Frears réalise actuellement une adaptation cinématographique de Chéri, tiré de l’œuvre de Colette. Le rôle principal est tenu par Michelle Pfeiffer, et son personnage, Léa de Lonval, habite ce bel hôtel particulier.

mezzara-tournage03Le tournage devrait durer plusieurs semaines et l’hôtel fait visiblement l’objet d’une intervention technique impressionnante. Sur la façade palmiers, plantes grimpantes et autres éléments végétaux ont été ajoutés jusqu’à en camoufler presque tout le rez-de-chaussée.

Quelques vues prises à la dérobée par l’un de nos membres montrent le couloir d’entrée tapissé par un papier peint conçu dans l’esprit de l’Art Déco à ses débuts.

La porte ouvrant sur le hall est ornée d’un rideau, et le plafond doté d’un lustre sans doute issu du catalogue Sofar, qui reprend depuis plusieurs décennies des modèles édités par Guimard dans les années 1910.

Mais qu’en est-il plus loin de l’intérieur ? Il nous faudra pour le savoir attendre la sortie du film en salles, prévue pour le printemps 2009…

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Nouvelles acquisitions au Musée d’Orsay

Deux poignées de porte en laiton (H. 12 ; L. 5,8 cm) sont acquises par donation par le Musée d’Orsay.

Il s’agit d’un modèle créé vers 1909-1910, d’un graphisme simplifié contrairement aux créations contemporaines au Castel Béranger.

Nouveautés Guimard au Musée d’Orsay

La revue du Musée d’Orsay, 4814, fait mention, dans son numéro 25, de l’acquisition, par achat en 2006, d’un panneau de tenture murale en soie d’Hector Guimard.

Cet objet de grande dimension (H. 165 ; L. 130 cm) et en excellent état de conservation a été réalisé en soie brochée dans des tons beiges et crèmes avec des reflets argentés par la Maison Cornille frères. Il se peut qu’il ait été présenté dans le pavillon Style Guimard lors de la première Exposition Internationale de l’Habitation, au Grand Palais en 1903. En effet, Guimard cite Cornille dans la liste de ses collaborateurs pour le pavillon, et la tenture porte une étiquette avec la mention « composition de /Hector Guimart [sic] / 1903 ».

Une nouvelle station Guimard… à Moscou

Un entourage Guimard a été inauguré le 27 janvier 2007 à Moscou, à la
station de métro Kievskaïa.

Cette nouvelle station est un échange culturel avec la ville de Moscou. D’autres villes avaient déjà bénéficié auparavant de l’installation d’une station de métro Guimard. Il s’agissait à chaque fois d’un entourage à écussons et à fond carré. En 1994, la station Picoas de Lisbonne recevait le premier de ces entourages montés à l’aide des pièces que la société GSM continue de fondre à la demande de la RATP pour l’entretien des stations parisiennes. Mexico a suivi en 1997 avec l’équipement de la station Bellas Artes, avant Chicago en 2002 à Van Buren St. Station sur Michigan Avenue.

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Chicago

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Mexico

Montréal est un cas plus particulier, puisque sa station de la place Victoria a été donnée en 1966, à une époque où la RATP démontait de nombreux entourages Guimard et en offrait à plusieurs musées : MoMA de New York en 1958, Staatliches Museum für Angewandte Kunst de Munich en 1960, musée national d’Art moderne de Paris en 1961. Contrairement à ces trois exemples dont on connaît la provenance exacte, on pense que l’entourage de Montréal a été constitué à partir d’éléments divers prélevés dans les réserves de la RATP. Ses dimensions inusitées (7 modules en longueur et 5 en largeur) n’avait pas permis d’y placer un porte-enseigne « METROPOLITAIN ». En 2001, l’entourage de la station Victoria a été démonté. La réduction des dimensions de l’accès a alors permis de restaurer et de réinstaller l’entourage en 2002-2003 avec un nombre de modules plus habituel (6 en longueur et 3 en largeur) et de le doter d’un porte-enseigne ainsi que d’un socle en pierre.

Restauration du portail d’entrée de l’hôtel Guimard

Usé depuis plusieurs années par des fuites d’eau qui dégradaient son côté gauche jusqu’à ronger complètement sa fine décoration sculptée, le portail d’entrée de l’hôtel Guimard a fait durant l’année 2006 l’objet d’une restauration minutieuse qui a notamment nécessité la recréation à l’identique des parties endommagées.

Ci-contre une photographie du portail après restauration.

Nouvelles entrées Guimard au Musée d’Orsay

La dernière livraison numéro 22 de la revue du Musée d’Orsay, 4814, nous informe de l’entrée en 2005, dans les collections d’objets d’art du Musée, de cinq pièces de notre architecte préféré.

M. Thiébaut nous présente quatre objets entrés par donation :
 une tirette de tringle de porte intérieure à deux battants, en laiton, créée pour les appartements du Castel Béranger ;
  une poignée de rideau de cheminée, en fonte bronzée, créée pour les appartements du Castel Béranger ;
  une sonnette de porte palière, en laiton, proche de celles utilisées dans le groupe d’immeubles des rues La Fontaine, Gros et Agar ;
  une plaque de numéro de maison avec le nombre 15, en fonte de fer.

Ce dernier objet semble provenir de l’immeuble de style Art nouveau situé 15 avenue Perrichont (Paris XVIe), construit en 1907 par l’architecte Joachim Richard (1869-1960). Cet immeuble, ironie de l’histoire, était situé en face des Ateliers Guimard situés au numéro 12, construits en 1903 et démolis en 1961.

Le cinquième objet est un intérieur de cheminée en fonte de fer, acquis par achat en 2005 et provenant d’un appartement de l’immeuble, 17 rue La Fontaine, construit par Guimard en 1909-1911.

Nous profitons de l’occasion pour vous informer de trois autres acquisitions par donation en 2005. Le Musée d’Orsay voit ainsi ses collections Guimard augmentées d’un panneau en plâtre patiné (H. 25,3 ; L. 79,8 cm) qui est un modèle pour une plaque de cheminée pour les fonderies de Saint-Dizier. Les modèles pour les fontes de Guimard que nous connaissons sont soit en plâtre, soit en bois.

Les autres objets sont deux consoles en plâtre. Leur état très accidenté nous amène à penser qu’elles proviennent certainement d’un appartement situé dans l’immeuble du 17 rue La Fontaine ayant subi un changement de décor récemment.

17 rue La Fontaine : défiguration d’un des derniers appartements « style Guimard » authentiques

Dès septembre 2004, le Cercle Guimard est averti des menaces une division en deux parties qui pèsent sur un appartement situé au 5e étage de l’immeuble construit entre 1909 et 1911 au 17 rue La Fontaine.

Par son aménagement intérieur, les éléments de son décor, son authenticité et son état de conservation, il peut encore à ce moment être considéré comme un témoignage essentiel et inestimable du style Guimard et de ses ambitions à prendre en main le décor de la vie domestique.

Les institutions patrimoniales concernées mesurent très rapidement la gravité de la situation, ainsi qu’une formidable occasion de parachever le classement de l’ensemble immobilier édifié par Hector Guimard rue Agar, rue Gros et rue La Fontaine : aux façades et aux toitures déjà inscrites aux Monuments Historiques s’adjoindrait ainsi un appartement « témoin ».

Malheureusement, la Préfecture de Région ne se sent pas concernée par cette cause et refuse de s’opposer aux transformations prévues de l’appartement. Celui-ci finit donc par être scindé en deux, causant la perte irrémédiable des staffs et autres éléments de décor situés à l’emplacement des rajouts.

2005 n’est peut-être pas 1957 ou 1969 (dates respectives de la destruction de l’hôtel Nozal et du Castel Henriette), mais le cas présent confirme une fois de plus la fragilité qui caractérise l’héritage guimardien, menacé de se réduire toujours un peu plus au fil du temps tout en révélant, par ailleurs, le peu d’armes dont dispose une association comme le Cercle Guimard contre ce type de destruction, rendue possible en l’occurrence par la volonté d’une seule personne.

Cette fatalité nous renforce dans l’idée de constituer une base de données conséquente (photographies, relevés, etc.) pour ne pas perdre la réalité et l’ambition d’origine du « projet Guimard ».

Les illustrations de cet article présentent deux éléments de décor disparus, photographiés avant les travaux.

Nouvelles acquisitions au Musée d’Orsay

Sous la plume de monsieur Philippe Thiébaut, le numéro 18 de la revue du Musée d’Orsay, 48/14, nous informe de l’entrée dans les collections d’Objets d’Art Décoratif de deux éléments Guimard :
- Un bouton de crémone en porcelaine flammée et cuivre. Ce bouton, de dimensions modestes (H. 8,5 ; L. 3,7 ; P. 5,2 cm) nous semble totalement inédit et nous n’avons pas à notre connaissance d’exemple d’utilisation.
- Un bouton de porte en porcelaine bleue et cuivre (H. 4,1 ; L. 7,3 ; P. 7,3 cm) semblable au modèle créé pour le Castel Béranger et utilisé par l’architecte dans ses nombreuses constructions.

Un Monument aux Morts inédit d’Hector Guimard au lycée Michelet de Vanves

Cette œuvre a été aimablement signalée au Cercle Guimard par le lycée Michelet de Vanves.

Réalisé en 1920, l’ouvrage est disposé devant la partie basse d’une peinture décorative de Pierre Vauthier, de 1904. il se compose de trois grandes plaques de marbre blanc qui s’élargissent vers le bas. Les noms des défunts y sont inscrits en lettres d’or sur six colonnes, de part et d’autre d’une palme et d’une couronne réalisées en galvanoplastie. Le dessin élégant des angles est souligné par l’arrondi très souple d’un filet doré.